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Table ronde autour des pompes à chaleur

Énergies vertes : la filière PAC veut se faire une place de choix sur le marché

Les différents acteurs du secteur PAC se sont retrouvés récemment à l’INSA Lyon sous l’assistance du Président du Plan Bâtiment Grenelle ainsi que des représentants de l’administration pour faire le point et trouver un moyen de promouvoir la filière.

Les acteurs de la filière se réunissent pour trouver une solution durable

Située au croisement entre les énergies renouvelables et l’économie d’énergie, la PAC (pompe à chaleur) a du potentiel pour se faire une bonne place sur le marché des énergies. Ayant décidé de faire le point et de se pencher sur son futur, notamment par rapport aux objectifs du Grenelle pour 2020, les principaux intervenants de la filière PAC se sont donnés rendez-vous à Lyon. L’un des plus importants points qui a émergé lors de cette rencontre est que la qualité des matériels et leur installation sont très importantes pour le développement de la filière.

Depuis 2007, le secteur de la PACA a entamé une démarche qualité qui touche aussi bien les matériels (signalisation NF PAC et Eurovent) que les installateurs (Labelisation QualiPAC). Pour rassurer les consommateurs, mettre en valeur le travail des industriels, convaincre l’administration de la pertinence des assistances publiques et devenir compétitif face à la concurrence internationale, il faudra aller plus loin en matière de certification d’installateurs, des performances aussi bien au niveau thermique qu’acoustiques. D’ailleurs, concernant ce dernier, de nouveaux seuils de tolérance entreront en vigueur dès le 1er janvier 2012. Pour les investisseurs dans le secteur PAC, les souhaits de l’administration de se pencher petit à petit sur la possibilité des aides relatives au respect de la charte de qualité ont été salués avec enthousiasme. La valorisation du secteur passera également par une mise en exergue des performances. Ainsi, l’ADEME, un acteur de la filière, projette de publier ses résultats sur une dizaine de sites dotés de PAC à très haute température d’ici la fin de l’année 2012.

En ce qui concerne la formation, le secteur se mobilise et on a constaté une affluence des demandes de certification émises par des centres de formation. Ainsi, 25 centres seront agréés d’ici la fin de l’année 2011. Ils seront rejoint par quelques industriels qui ont entamé la démarche EfiquaPAC. Puisque les opérateurs du secteur sont confiants, ils souhaitent être jugés par une tierce partie. Donc, l’AFPAC a demandé l’administration de démarrer une grande campagne d’instrumentation de PAC sur site.

Les défis des acteurs de la filière PAC

Outre l’amélioration des performances sur le plan thermique et acoustique, la filière s’intéresse également à d’autres points comme l’agrandissement des domaines d’application, la possibilité d’associer le PAC avec d’autres énergies et l’intégration du système aux réseaux éclectiques intelligents. En ce qui concerne l’application, les PAC du futur chercheraient à répondre aux besoins de chauffage, de climatisation, d’ECS et de ventilation à la fois. Elles seront diversifiées selon le type bâtiments également (logement individuel ou collectif, résidentiels ou bureaux, construction récente ou ancienne). Cela afin de satisfaire d’une façon plus ciblée les besoins en énergie. Dans l’avenir, la PAC sera compatible non seulement avec des énergies fossiles, mais aussi avec les énergies renouvelables telles que le photovoltaïque ou le solaire thermique.

Le Président du CETIAT, Frédéric Bruyère a fait remarquer qu’il ne sera pas facile de mettre en place des solutions du futur individuellement, donc il faudra se regrouper et mettre en commun la compétence de chacun pour le développement de la filière. C’est dans ces conditions que les industriels et les installateurs français pourront faire face à la concurrence européenne, affirme-t-il. C’est dans cet esprit que l’INPAC (Institut National de la PAC) a vu le jour. Il regroupe les industriels comme CETIAY, EDF, COSTIC, CEA, Mines Paris Tech, CSTB et GDF Suez dans le premier centre de recherche français consacré à la PAC. Une initiative bien saluée par Philippe Pelletier.

Pour une simplification de la réglementation

Le Président d’UNICLIMA, Pierre-Louis François a profité de cette rencontre pour s’adresser aux représentants de l’administration française qui étaient sur le lieu. Il reconnaît que le PTZ et les crédits d’impôt dont la PAC bénéficie présentent des défauts, mais il souhaite à ce que les pouvoirs publics n’y touchent plus. Il a ajouté que la filière ne peut pas se développer si ses conditions évoluent constamment à court terme. Il faut dire que la baisse du marché de la PAC est plus importante en France que dans les autres pays européens bien que le prix de l’électricité soit moins cher. Pour expliquer cette baisse, les industriels pointent du doigt les réglementations et les assistances publiques qui changent en permanence, ce qui ne fait qu’aggraver la crise économique au final. Ainsi, ils estiment que l’annulation du crédit d’impôt sur la PAC air/air en 2009 a entrainé une certaine méfiance chez les consommateurs par rapport à la technologie globale de la PAC. En résumé donc, les industriels souhaitent que les réglementations soient plus claires et plus stables pour le bien du marché.

Prenant note de cet appel, le Président du Plan Bâtiment Grenelle a répondu qu’il comprend bien l’importance d’un environnement stable pour avancer, surtout en ce qui concerne les règlementations. Il assure que cet appel sera relayé dans le dialogue qu’ils ont avec la DHUP et la DGEC sur le maintien du couple éco prêt à taux et crédit d’impôt dans le cadre de la loi de finances 2012. Philippe Pelletier a rassuré les acteurs de la filière en disant qu’ils devront pouvoir bénéficier de plus de stabilité et qu’ils seront informés le plus tôt possible de la préparation de la RT 2020 pour qu’ils puissent construire leurs modèles de développement.

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